Shakespeare dans tous ses états d'âme
19h30, il fait déjà nuit, comme une nuit de la Saint-Jean chez les Anglais, nuit de tous les possibles, nuit du désordre, des blagues...bonnes ou mauvaises selon la position, fort bonnes pour Puck, le lutin chef d'orchestre.
La célèbre citation de ce bon vieux Bill n'est pas juste une jolie et pompeuse phrase philosophique sans véritable sens. Si "le monde entier est un théâtre", cela veut dire qu'au théâtre, il y a tout, on voit tout et tout est là. Et dans le théâtre de Shakespeare, il y a tout, tout est là : des vers, de la prose, du fin, du vulgaire, de la comédie, de la tragédie, du merveilleux, des bons et des mauvais comédiens, du théâtre dans le théâtre, des fées, des épées, des erreurs d'interprétation, de la tendresse, de la violence, des morts aussi mythiques que ridicules, même une Titania reine des fées qui tombe amoureuse d'un âne, le jour, la nuit...surtout la nuit, et bien sûr un public, un public qui se voit à travers ces personnages évanouis dans les mailles de la scène.
Shakespeare, ce chanceux, a toutes les excuses du monde puisqu'il s'agit d'un songe. Il a toutes les excuses du monde puisqu'il emboîte magistralement le haut Moyen Âge et le bas Moyen Âge ainsi qu'il recompose le jour et la nuit. Et oui, l'amour, c'est un joyeux bazar. Il fallait bien une pause après cela.
Merci aux élèves de nous avoir accompagnés dans cette folie car "le fou se croit sage et le sage se reconnaît fou".


Fabien HALL, professeur de Français
