Le Misanthrope et ses mots étranges
Je me permets ce témoignage personnel que je nommerai : "L'espoir".
À chaque reprise, je me dis : "Où les ai-je transportés encore ? Les pauvres. À l'ère des vidéos qui peinent à dépasser les trente secondes, parfois visionnées vitesse 1,5 voire 2, et même 3 pour les premiums !, déposer des collégiens dans une enceinte à sièges écarlates où les lions s'expriment en alexandrins..."
Heureusement que ces sujets sont universels. Heureusement que les élèves sont plus fascinés qu'ils le disent eux-mêmes.
Et, en sortant du spectacle (c'est là qu'intervient précisément mon témoignage), je les écoute discrètement. Et là, je vois qu'ils ont compris bien davantage que je pouvais le supposer : "Mais si ! Ch'te dis qu'elle (Célimène) a mis un râteau à l'autre là (Clitandre ou Acaste, peu importe)".
Oui, il est vrai, certains se sont assoupis, mais il aussi vrai que c'est un effort que de ralentir de nos jours.
Fabien HALL, professeur de Lettres modernes.



